Éducation, Infolettre, Parkinson, Recherche

L’antioxydant Glutathion : un espoir pour la maladie de Parkinson?

21 juin 2016

Peut-être avez-vous déjà entendu parler du glutathion, cet antioxydant auquel s’intéressent plusieurs chercheurs impliqués dans la recherche sur la maladie de Parkinson. Mais qu’en est-il vraiment de cette molécule et de ses possibles bienfaits sur la maladie de Parkinson? Voici un résumé de l’état actuel des études sur le glutathion. – un texte tiré de la Micheal J. Fox Foundation.

Qu’est-ce que le glutathion?

Le glutathion est un tripeptide, une molécule aux propriétés antioxydantes, naturellement produit par le corps. On le retrouve également dans certains aliments et suppléments. Le niveau de glutathion diminue en raison de l’âge et de certaines conditions, comme la maladie de Parkinson. Chez les personnes atteintes, le taux de glutathion est plus faible dans le cerveau, particulièrement au niveau de la substance noire, zone responsable des mouvements volontaires. Plus la maladie avance, plus le taux de glutathion diminue.

Le rôle du glutathion

Le glutathion est un antioxydant, une molécule qui diminue ou empêche l’oxydation naturelle des cellules, aussi appelée stress oxydatif. Ce stress est dû à la présence de radicaux libres dans le corps. Les radicaux libres sont des molécules potentiellement toxiques pour les cellules, formées lors du métabolisme normal (comme la conversion des aliments en énergie), mais le taux de radicaux libres peut augmenter à la suite d’une exposition à des toxines environnementales, telles que la fumée de cigarette et la pollution atmosphérique. L’accumulation de radicaux libres contribue au stress oxydatif, associé au vieillissement et à la maladie de Parkinson. Les antioxydants peuvent donc compenser le stress oxydatif en éliminant les radicaux libres présents dans le corps.

En plus d’être un antioxydant, le glutathion peut soutenir les mitochondries – les producteurs d’énergie de la cellule. Cela pourrait empêcher la mort cellulaire, ce qui signifie que le glutathion pourrait éventuellement agir comme agent « neuroprotecteur » – et ultimement ralentir ou arrêter la progression de la maladie de Parkinson.

La recherche sur le glutathion

Pour ces raisons, le glutathion est actuellement le sujet de plusieurs études afin de déterminer ses propriétés dans le contrôle des symptômes de la maladie de Parkinson.

Le glutathion peut être administré par différentes voies – par voie orale, intraveineuse ou par voie intranasale (par le nez). Chaque méthode a ses avantages et ses limites.

Deux essais cliniques sur l’administration intraveineuse du glutathion ont été menés. Le premier a été conduit en 1996 sur neuf personnes atteintes de Parkinson, qui ont toutes reçu des doses de glutathion. Les symptômes moteurs des participants se sont vus améliorer, et ce, de deux à quatre mois après l’arrêt du glutathion. La deuxième étude, faite en 2009, a porté sur 20 personnes atteintes de la maladie de Parkinson. La moitié des participants a reçu un placebo, et l’autre moitié a été traitée avec le glutathion. L’essai a pu montrer qu’une thérapie au glutathion est sûre, bien tolérée et peut-être bénéfique pour le contrôle des symptômes. Toutefois, afin de déterminer si l’administration intraveineuse du glutathion constitue réellement un traitement efficace des symptômes de la maladie de Parkinson, d’autres essais plus poussés doivent être faits.

La Micheal J. Fox Foundation a pour sa part orienté ses efforts de recherche sur l’administration intranasale du glutathion. Les études jusqu’alors menées ont montré que cette technique est sûre, bien tolérée et augmente les niveaux de glutathion dans le cerveau. Une étude en phase 2 examine actuellement les effets de l’administration intranasale du glutathion sur les symptômes moteurs et non moteurs du Parkinson. Les résultats de cette étude sont attendus en 2016. D’autres essais en phase 3 seront conduits pour déterminer si l’administration intranasale du glutathion peut déjouer l’évolution de la maladie de Parkinson.

Pour ce qui est de l’administration par voie orale, il faut savoir que le glutathion est mal absorbé au niveau du système digestif et ne se rend donc pas bien au cerveau. En effet, seule une faible quantité de glutathion peut agir à travers la circulation sanguine, la majorité étant perdue lors de la digestion.

Le glutathion au Canada

Le glutathion a reçu l’approbation réglementaire de Santé Canada en 2007 pour être vendu en tant que supplément naturel oral, sous le nom d’Immunocal. Même s’il n’est pas très efficace, le glutathion oral est offert par quelques détaillants.

Les limites

La recherche sur de nouveaux traitements pour le contrôle des symptômes ou pour contrer l’évolution de la maladie est primordiale. Mais tant que ces études ne sont pas terminées et n’auront pas prouvé hors de tout doute que les traitements sont sûrs, il faut user de prudence.

Tout traitement – que ce soit un supplément, un médicament en vente libre – peut causer des effets secondaires et peut interagir avec les médicaments d’ordonnance. Discutez de toutes les thérapies avec votre médecin avant de les prendre.

Source : Micheal J. Fox Foundation

Visitez notre >> Centre info Parkinson