Actualités, Parkinson

Connaissez-vous vos médicaments?

1 septembre 2020

 L’objectif des médicaments antiparkinsoniens est de vous permettre de maintenir vos activités quotidiennes, de rester engagé socialement et de faire de l’exercice.  Votre parcours avec la maladie de Parkinson est unique et votre traitement médicamenteux doit être adapté à vos propres besoins.

La majorité des médicaments utilisés pour traiter la maladie de Parkinson réhaussent temporairement le niveau de dopamine dans le cerveau. Ce sont des substituts au déficit de dopamine associée à la dégénérescence des neurones dopaminergiques.

Votre condition est unique et trouver la meilleure combinaison de médicaments, leur dosage et l’horaire d’administration peut prendre du temps.

Ces paramètres sont relativement standards au moment de l’initiation du traitement. Par contre, votre corps est le baromètre ultime de la réponse à votre traitement. Vous devez communiquer à votre neurologue si vous observez des variations journalières dans l’efficacité de votre traitement ou des dyskinésies.

La lévodopa est, à ce jour, le médicament le plus efficace pour traiter les symptômes de la maladie de Parkinson, principalement la rigidité et la lenteur des mouvements.

La lévodopa est absorbée au niveau intestinal et transportée par le système sanguin jusqu’au cerveau. Une fois dans le cerveau, elle est transformée en dopamine puis stockée au niveau des cellules nerveuses pour remplacer la dopamine manquante. La lévodopa est toujours combinée à une autre molécule, le carbidopa dans le Sinemet® ou le bensérazide dans le Prolopa®, permettant à une plus grande quantité de lévodopa d’entrer dans le cerveau.

La lévodopa est habituellement ingérée sous forme de comprimés. Son effet maximum est obtenu dans les 30 à 60 minutes qui suivent la prise. Vous ne devez pas la prendre avec des protéines (ex: produits laitiers, oeufs, viande, soja, noix, pois) qui peuvent limiter son absorption. Sa durée d’action est très variable selon les personnes et la progression de leur maladie. Elle varie de deux à plusieurs heures.

Vous pouvez tirer le maximum de votre traitement en suivant quelques conseils simples.

Une fois la dose optimale trouvée pour traiter vos symptômes (ex : 2 comprimés de 25/100 à chaque prise), cette dose ne sera généralement pas augmentée au cours du temps. Par contre, la fréquence des prises dans la journée va croître en fonction de la dégénérescence des neurones. Cette augmentation n’est pas liée à une adaptation de votre corps à l’administration répétée du médicament.

La lévodopa induit des nausées qui peuvent être gérées en prenant les comprimés avec des aliments non protéiques (ex: craquelins, compote de pomme), en augmentant très progressivement les doses, ou en séparant les prises des autres médicaments. Elle provoque aussi des chutes de pression lorsque vous passez de la position assise ou couchée à debout.

Lorsque la médication commence à faire effet (à peu près 30 minutes après la prise), ou lorsque votre dose est trop élevée, vous pouvez avoir des dyskinésies qui sont des mouvements involontaires, non stéréotypés, anarchiques, aléatoires, brusques et irréguliers, de courte durée, de tout ou partie du corps et présents au repos et à l’action.

Après quelques années, l’effet de la lévodopa peut fluctuer dans le courant de la journée. Ce phénomène d’épuisement de la dose, ou période off, vous ramène à un état où vos symptômes ne sont plus contrôlés. Vous devez rapporter ces situations à votre neurologue.

La lévodopa peut également être administrée grâce à une pompe directement dans le petit intestin (DuodopaTM). Cette méthode d’administration constante permet de réduire les fluctuations de l’efficacité de la journée.

Ces médicaments appartiennent à la classe des agonistes dopaminergiques. Ils agissent en imitant la dopamine dans le cerveau. 

Ces médicaments sont légèrement moins efficaces que la lévodopa, mais ils possèdent une plus longue durée d’action ce qui les rend particulièrement intéressants pour gérer les variations d’efficacité de la lévodopa. Ils sont utilisés comme traitement initial ou en association avec la lévodopa dans les stades plus avancés de la maladie.

La fréquence de prise est généralement une fois par jour et l’absorption du médicament n’est pas perturbée par le contenu de l’estomac. Vous pouvez donc les prendre pendant vos repas.

 

Cette classe de médicaments possède deux effets secondaires majeurs. Parmi les antiparkinsoniens, ce sont ceux qui ont le plus tendance à provoquer des hallucinations. Ils ne sont donc pas recommandés pour les personnes qui ont déjà eu ce genre d’épisodes ou qui vivent avec une démence. D’autre part, ces médicaments peuvent induire des troubles compulsifs à l’égard de la nourriture, de la sexualité, de la consommation, du jeu et d’Internet. 

Les proches sont des acteurs majeurs dans la reconnaissance de ces nouveaux comportements. Si vous observez ces changements, parlez-en immédiatement à votre neurologue qui réduira progressivement les doses.

L’apomorphine est également un agoniste dopaminergique utilisé au besoin pour gérer la transition d’efficacité entre deux prises de lévodopa. Elle est administrée sous forme de stylo injecteur dans les périodes off.

L’effet de l’apomorphine commence dès les dix premières minutes après l’injection et dure près d’une heure. Le niveau d’efficacité est similaire à la lévodopa.

L’administration de médicament nécessite un protocole spécifique pour trouver la dose qui pourrait vous convenir. Ce protocole, d’une durée d’une journée à l’hôpital, doit être réalisé par un neurologue spécialisé.

Outre les effets secondaires propres à cette classe de médicaments, l’apomorphine peut entraîner d’importants épisodes de nausées et de vomissements dans les premiers jours de traitement ainsi que des chutes de pression.

Une forme sublinguale de l’apomorphine devrait être disponible dans le courant de l’année 2021.

L’entocapone empêche l’action d’une enzyme responsable de la dégradation de la lévodopa. La lévodopa devient, par conséquent, plus longtemps disponible, ce qui rend ce médicament approprié pour les personnes qui ont une réponse courte à la lévodopa (moins de 3 heures). L’ajout d’entocapone prolonge généralement l’effet de la lévodopa de 30 à 60 minutes, ce qui permet de réduire les périodes off.

L’entocapone augmente également la magnitude d’effet de lévodopa, ce qui peut entraîner des dyskinésies. Les urines peuvent se colorer en orange.

Le médicament Comtan® est généralement pris en association avec chaque prise de lévodopa, à moins que celles-ci ne soient trop rapprochées.

Le médicament Stalevo® contient trois molécule (lévodopa, carbidopa, et entocapone), ce qui permet de limiter les prises, mais rend plus difficile les ajustements de dose de lévodopa.

Ces médicaments appartiennent à la classe des inhibiteurs de la monoamine oxydase B, une enzyme qui dégrade la dopamine dans le cerveau. La lévodopa devient, par conséquent, plus longtemps disponible. Ces médicaments doivent être pris le matin pour éviter les insomnies.

Ces médicaments présentent une efficacité modérée pour traiter les symptômes de la maladie de Parkinson. Leur avantage majeur réside dans la simplicité de leur administration une fois par jour, la durée de leur action, et la faible fréquence d’effets secondaires. Par contre, ils sont contre-indiqués avec la majeure partie des antidépresseurs, des anti-douleurs, et sirops contre la toux grasse. Les aliments tels que le chocolat, les abats et les fromages affinés sont également contre-indiqués.

Pendant longtemps, ces deux médicaments ont été perçus comme pouvant ralentir le développement de la maladie. Après un réexamen des données de recherche, les autorités de santé américaines ont conclu que le niveau de preuve supportant l’effet de neuroprotection de ces médicaments était insuffisant.

L’amantadine est un des rares médicaments antiparkinsoniens à ne pas agir directement sur les neurones dopaminergiques dans la substance noire. Elle agit sur un autre type de neurone, les neurones glutamatergiques. En bloquant leur activité, elle va permettre la libération de dopamine dans le cerveau.

L’amantadine est parfois utilisée dans les premiers stades de la maladie ou plus tard, en association pour traiter les dyskinésies induites par la lévodopa.

Les effets secondaires de l’amantadine sont limités. Elle cause parfois une décoloration violacée en forme de dentelle sous la peau des jambes.

Ces médicaments sont des anticholinergiques. Ils bloquent l’effet d’un neurotransmetteur nommé acétylcholine, généralement trop présent dans le cerveau des personnes qui vivent avec la maladie de Parkinson. Cette classe de médicament date de l’ère pré-lévodopa.

Leur efficacité est limitée sur la rigidité mais ils peuvent améliorer certains symptômes de tremblement, notamment chez les jeunes diagnostiqués.

Le principal inconvénient de cette classe de médicaments est sa longue liste d’effets secondaires. Ils provoquent en effet des hallucinations, des troubles de la vision, de la sécheresse buccale, de la constipation et peuvent entraîner des glaucomes.

Ces médicaments sont désormais moins utilisés puisque d’autres médicaments antiparkinsoniens plus efficaces et plus sécuritaires sont maintenant disponibles.

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