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Fluctuations de l’efficacité des médicaments dans le temps

La durée d’efficacité de chaque prise de lévodopa tend à diminuer au fur et à mesure que la maladie de Parkinson progresse. Ces fluctuations d’efficacité dans la journée se traduisent par une alternance entre des phases de contrôle de vos symptômes (épisode ON) et d’absence de contrôle (épisode OFF).

Au fur et à mesure que la maladie progresse, vous observez probablement que la durée d‘action de votre lévodopa sur vos symptômes n’est plus aussi longue. Vous passez alors, de manière cyclique, par des phases de contrôle adéquat de vos symptômes et des phases pendant lesquelles ils reprennent plus d’espace dans votre vie. 

Ces cycles sont associés aux fluctuations de l’efficacité de la lévodopa dans le temps.

Pendant les premières années de traitement, la réponse à la lévodopa est généralement stable et prévisible. En prenant votre dose, vous obtenez une réponse suffisante, c’est-à-dire que vos symptômes disparaissent complètement pendant une longue période de temps. Cette longue durée d’action est liée à la capacité de vos neurones à stocker la dopamine que vous leur donnez, et à la libérer progressivement. 

Cette capacité de stockage, c’est comme le réservoir d’essence de votre auto. En prenant vos doses de lévodopa, vous remplissez progressivement le réservoir. Les doses que vous prenez tous les jours servent à ramener le niveau au plein. Jamais, vous n’avez atteint la panne sèche.

Au fur et à mesure que la maladie progresse, le nombre de neurones dopaminergiques diminue. La capacité de stockage devient de plus en plus limitée. Le stock utilisable de dopamine équivaut à quelques heures.

Les épisodes ON et OFF correspondent à différentes phases d’efficacité de vos médicaments par lesquelles vous passez. Elles font référence aux termes anglophones ‘’ON-state’’ et ‘’OFF-state’. 

Lorsque vos symptômes sont bien contrôlés et que vous vous sentez fonctionnel, vous êtes alors ON. Pendant cette phase, vos médicaments ont une efficacité optimale et vous en retirez tous les bénéfices. Votre réservoir d’essence est plein et vous êtes plein gaz sur la route.

Les épisodes OFF correspondent aux moments où les symptômes de la maladie de Parkinson refont surface et affectent votre fonctionnement. Ces périodes correspondent aux moments où vos médicaments sont moins efficaces. Vous n’avez plus de gaz, vous êtes en panne ou en voie de le devenir. Votre auto est rangée sur la bande d’arrêt d’urgence et vous devenez spectateur.

Généralement, les épisodes OFF se produisent : 

  • Le matin, au réveil : Votre corps a “consommé” toute la lévodopa que vous lui avez donné la veille pendant la nuit.
  • Près de votre prochaine prise de médicament : Votre corps a “consommé” toute la lévodopa que vous lui avez donné lors de la prise précédente. Cette période s’appelle également la période d’épuisement de l’effet thérapeutique en fin de dose. Votre corps vous envoie le signal que vous êtes dû pour votre prochaine dose.

Dans les stades intermédiaires de la maladie, la survenue de ces épisodes OFF dans la journée est prévisible. Par la suite, l’apparition de ces épisodes peut devenir plus soudaine et imprévisible.

0`Les fluctuations sont associées à une instabilité de la réponse thérapeutique de la lévodopa. Dans la plupart des cas, surtout dans les premiers temps de leur apparition, ces fluctuations passent inaperçues. 

Si vous ressentez un surcroît d’énergie et une amélioration notable de vos symptômes dans l’heure qui suit votre première dose du matin, vous passez certainement dans plusieurs cycles ON-OFF pendant la journée. La place qu’occupent vos symptômes dans votre vie va alors alterner dans la journée, en fonction de vos prises de lévodopa.

Voici quelques questions que vous pouvez vous poser pour déterminer si vous avez désormais des fluctuations motrices :

  • Est-ce que mes symptômes sont beaucoup mieux contrôlés à certains moments de la journée?
  • Suis-je beaucoup mieux une ou deux heures après mes prises de lévodopa?
  • Est-ce que les moments où mes symptômes sont peu contrôlés correspondent aux moments précédant une nouvelle dose?
  • Est-ce que mes symptômes typiques de la maladie vont et viennent en fonction de ma prise de médicaments ?

L’effet d’une dose n’est pas immédiat et peut prendre jusqu’à une à deux heures. Ceci peut être confondu avec les périodes OFF des fluctuations.

Pour mieux prendre contrôle sur ces fluctuations et adapter vos doses de lévodopa avec votre neurologue, vous devez comprendre : 

  • Combien de temps prend une dose de lévodopa pour faire effet?
    En général, la lévodopa, prise à jeun, produit son effet maximal dans les 60 à 90 minutes suivant la prise.
    1. Si vous vous sentez bien et fonctionnel après ce temps, c’est probablement que vous recevez une dose de lévodopa suffisante.
    2. Si par contre, vos symptômes restent inchangés, votre dose est probablement insuffisante.

Vous ne devez pas confondre cette inefficacité répétée de la lévodopa avec d’occasionnelles doses non fonctionnelles, surtout en après-midi. Celles-ci seront abordées plus bas.

  • Combien de temps une dose fait-elle effet?

Observez dans la journée, l’ensemble de vos prises et regardez combien de temps elles sont efficaces.

Une fois que vous avez ces informations, votre neurologue peut mieux ajuster l’intervalle de vos prises. En règle générale, l’intervalle entre les prises doit être légèrement inférieur à la durée d’action de chacune des prises. Ainsi, la dose suivante a le temps de prendre effet pendant que la dose précédente perd de son effet.

Vous êtes la personne qui est le plus à même de reconnaître ces changements. Quand vous êtes OFF, c’est votre corps qui vous envoie un message sur son manque de dopamine. 

Votre proche est également un témoin quotidien de ces fluctuations.

Par contre, quand vous consultez votre neurologue, vous êtes la plupart du temps dans un épisode ON. Vous devez donc lui parler de ces fluctuations et des informations que vous avez collectées sur le délai d’action de vos doses et la durée d’effet

Les fluctuations motrices ne sont pas une fatalité de la maladie de Parkinson. Elles peuvent être traitées. Avec votre neurologue, vous pouvez convenir d’un nouveau plan de traitement, probablement basé sur la réduction des intervalles de prise ou sur l’ajout de nouveaux médicaments.

Vous pouvez améliorer l’efficacité de votre lévodopa en suivant ces quelques règles : 

  • Ne prenez pas d’aliments à forte teneur en protéines dans les 60 minutes avant ou après votre médicament. Elles limitent l’absorption de votre médicament et augmentent le délai d’action;
  • Prenez votre lévodopa avec, au moins, un demi verre d’eau. Ce liquide va envoyer directement votre pilule où elle est efficace et ainsi, réduire le délai d’action;
  • Conservez sur vous des comprimés de lévodopa pour pouvoir les prendre au besoin, lors d’une sortie ou activité spéciale par exemple;
  • Le stress et l’anxiété tendent à “brûler” la lévodopa plus rapidement, et donc de réduire la durée d’action;
  • L’activité physique consomme également plus de lévodopa. Avancez votre heure de prise pour ne pas tomber dans un épisode OFF. Vous prendrez votre prochaine dose selon l’intervalle que vous avez établi.

Dans la majeure partie de cas, les doses de lévodopa ne produisent pas d’effet pour deux raisons principales : 

  • Vous avez pris votre médicament trop proche d’un repas ou d’une collation;
  • Votre dose de lévodopa est insuffisante pour vous faire passer dans un état ON.

Dans ce dernier cas, et sur recommandation de votre neurologue, vous pouvez prendre une demi à une dose de lévodopa supplémentaire. Vous devrez par la suite réadapter votre intervalle de prise.

Ne prenez pas d’initiative pour régler les dosages de votre lévodopa. Discutez-en avec votre neurologue ou votre infirmière pivot. Vous pourriez subir un des effets secondaires importants de la lévodopa, la dyskinésie . De plus, votre neurologue pourrait vous proposer des alternatives à la lévodopa sous forme de comprimés, comme une pompe à lévodopa ou des injections de secours d’apomorphine.

Une fois que vous et votre neurologue avez trouvé la dose de chaque prise qui vous convient, il est peu probable que celle-ci change beaucoup dans le temps. 

Par contre, comme la maladie progresse, le besoin en dopamine augmente. La dose totale journalière requise croît. Elle est obtenue par la réduction de l’intervalle entre les prises dans la journée

D’autres options thérapeutiques, telles que l’apomorphine en injection, la pompe à lévodopa et la chirurgie sont également disponibles si ces fluctuations deviennent incontrôlables.

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