La maladie de Parkinson et les pesticides

La maladie de Parkinson et les pesticides

Les personnes qui ne sont pas exposées aux pesticides dans leur cadre professionnel pourraient, comme les agriculteurs, encourir un risque accru de maladie de Parkinson lorsque l’activité agricole est dense autour de leur lieu d’habitation.

Alors que le débat commence à s’animer sur la colline parlementaire de Québec sur la sécurité de l’utilisation des pesticides, d’autres pays ont enfin légiféré sur leur utilisation. La France, par exemple, a initié ce processus en 2012 en reconnaissant la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle pour les agriculteurs. Elle a ainsi identifié le lien de causalité entre la maladie de parkinson dans cette population et l’exposition de ces derniers aux pesticides, au sens large (produits à usages agricoles, produits destinés à l’entretien des espaces verts, ainsi que les biocides et les antiparasitaires vétérinaires, qu’ils soient autorisés ou non au moment de la demande). Cette décision a un impact important, car elle permet aux patients exposés pendant plus de 10 ans aux pesticides d’obtenir une compensation financière.

 

Depuis quand sommes-nous au courant de la toxicité des pesticides et de leur lien avec le développement de la maladie de Parkinson?

Au milieu des années 1980, un pionner québécois de la recherche sur le Parkinson, le docteur André Barbeau, s’est rendu compte que dans les régions rurales du Québec, le nombre de personnes atteintes par la maladie était plus élevé qu’ailleurs. Cette augmentation était notamment marquée dans le sud du Québec et dans la région de Trois-Rivières où l’utilisation des pesticides est importante en milieu agricole. Depuis, de nombreuses études ont démontré, tant en Amérique du nord qu’en Europe, que les pesticides augmentent le risque de développer la maladie de Parkinson.

Selon les études, l’augmentation du risque de développer la maladie chez les agriculteurs évolue entre 40 et 70% par rapport à l’ensemble de la population. Mais ce risque accru ne se limite pas aux agriculteurs. Les pesticides ont également un effet néfaste chez les personnes vivant dans les environs des lieux d’épandage. Une récente étude française montre que les riverains des zones d’utilisation intense de pesticides ont un risque 10% plus élevé de développer la maladie de Parkinson que la population générale.

Malheureusement, oui. L’association entre le développement de nombreuses maladies et l’exposition aux pesticides répétée dans le temps a été démontré. On peut citer par exemple, plusieurs types de cancer (lymphomes hodgkiniens et non hodgkiniens, les leucémies, le myélome multiple, et le cancer de la prostate), et la maladie d’Alzheimer. Ce risque accru s’applique également aux enfants qui développent plus de leucémies et de tumeurs cérébrales, ainsi qu’aux fœtus qui ont plus de chances d’avoir des malformations congénitales.

Tous les pesticides sont différents et leurs rôles spécifiques dans le développement de la maladie de Parkinson ou d’autres pathologies ne sont pas documentés de manière identique. Ce n’est pas parce qu’il existe moins de preuves pour certains produits qu’ils sont pour autant sécuritaires. Ceci peut simplement découler du fait qu’ils sont moins étudiés.

Des années peuvent s’écouler entre la mise en vente d’un produit et l’établissement de la causalité avec le développement d’une maladie. Des premiers travaux du Dr. André Barbeau en 1980 à la reconnaissance officielle du lien de causalité entre l’exposition aux pesticides et le développement de la maladie de Parkinson, il aura fallu plus de 30 ans. Un délai qui permet aux entreprises de développer de nouveaux produits dont la sécurité à long terme n’a pas été prouvée.

Depuis des années, les risques sont connus, mais peu d’actions sont entamées par nos gouvernements provinciaux successifs. En effet, les agences de réglementation du gouvernement fédéral et provincial sont soumises à une forte pression des groupes phytosanitaires qui leur fournissent une importante part de la documentation scientifique prouvant la sécurité des produits.

L’agriculture, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, est largement dépendante des pesticides. Un changement dans la réglementation de leur utilisation présente un risque économique pour le gouvernement et pour les agriculteurs. Nous croyons qu’il est temps que le risque humain prenne de l’ascendant sur le risque financier.

Dans un premier temps, je peux arrêter d’acheter des pesticides. Leur utilisation est d’ailleurs strictement réglementée dans plus de 140 villes du Québec .
Pour avoir une action plus systémique, je peux signer la pétition en ligne pour l’interdiction du glyphosate sur le sol québécois.

Finalement, je dois rester conscient et vigilant sur le fait que le problème des pesticides est nettement plus large que celui du glyphosate (RoundUp®), car de nombreux produits encore plus toxiques sont massivement utilisés par notre agriculture.

Visitez notre >> Centre info Parkinson