Parkinson

FAQ Covid-19 & Parkinson

20 mars 2020

Vous êtes certainement bien informés par les médias traditionnels, les instances gouvernementales et de santé publique sur la progression de la COVID-19. Nous souhaitons cependant vous apporter des conseils et des informations spécifiques sur l’impact que pourrait avoir ce virus sur votre santé, en tant que personne vivant avec la maladie de Parkinson.

Les questions présentées ci-dessous sont issues de nos récents échanges avec la communauté Parkinson à travers le Québec ainsi que d’autres associations à l’étranger. Nous vous invitons à en prendre connaissance et à en discuter avec votre professionnel de la santé.

Mise à jour 08 avril 2020

Voici les dernières questions de notre communauté par rapport à la COVID-19

L’angoisse et le stress sont des composantes intrinsèques de la maladie de Parkinson. Le stress extérieur est un facteur majeur d’aggravation des symptômes. La situation de la COVID-19 est certainement stressante pour l’ensemble de la population. Par contre, ce stress affecte plus particulièrement les personnes les plus vulnérables, celles qui sont isolées, et celles qui sont le plus à risque de développer des complications en cas d’infection. Afin de minimiser votre niveau de stress, vous pouvez établir des routines quotidiennes, continuer à faire des exercices à la maison, et surtout rester en lien avec vos amis et votre famille via le téléphone ou les nouvelles technologies. Nous vous suggérons aussi de prendre une petite pause du flux d’information à propos de la pandémie. Attrapez un bon livre ou relaxez devant un bon show humoristique.

L’interdiction des visites dans les résidences de personnes âgées est un facteur de stress tant pour les proches que pour les personnes qui vivent dans ces milieux. Si ces instituions sont fermées, ce n’est pas tant parce que les personnes sont plus à risque d’attraper la COVID-19, mais parce qu’ils sont plus à risque de complications en cas de contamination. Cette mesure, qui vise à protéger cette population. la prive paradoxalement de ce qui nous permettra à tous de passer à cet épisode de crise, la solidarité et le lien humain. Votre désir de ramener votre père à la maison est donc légitime. Par contre, cette décision est lourde de conséquence, car lui-même a développé des habitudes et est accompagné de soins que vous ne pourriez peut-être pas lui fournir à court et moyen terme.

Les urgences des hôpitaux sont des endroits à éviter le plus possible en cette période d’épidémie. En effet, dans de nombreux pays, ces lieux sont pointés du doigt comme des foyers infectieux. Si certains de ces symptômes apparaissaient, nous vous recommandons d’appeler la ligne d’urgence santé 811 ou de consulter à distance votre médecin. Pour les épisodes d’hallucinations ou d’infections, peut-être pouvez-vous obtenir des prescriptions pour des médicaments, surtout si ce sont des événements récurrents. Dans tous les cas, si vous devez vous rendre à l’urgence, soyez assuré que les hôpitaux et tous les établissements du réseau de la santé du Québec prennent les actions nécessaires pour minimiser les risques de transmission. Dès votre arrivée, signalez au personnel que votre conjointe vit avec la maladie de Parkinson et que le respect des horaires de prise de médication est essentiel à sa santé.

C’est un défi auquel le personnel de soins intensifs est confronté quotidiennement. Heureusement, les intensivistes et les pharmaciens spécialisés de ces départements ont développé, au cours des années, des techniques pour administrer les médicaments oraux par d’autres moyens. Par exemple, ces médicaments, comme les aliments, peuvent être administrés via un tube placé dans le nez qui rejoint l’estomac. Dans tous les cas, le médecin évaluera les situations et prendra les meilleures décisions pour les soins des patients.

Retrouvez ci-dessous les questions de notre communauté au début de la pandémie

Idéalement, tout le monde devrait s’engager dans une distanciation sociale au cours des prochaines semaines pour se protéger et protéger les autres. Les personnes de plus de 70 ans et les personnes atteintes de la maladie de Parkinson devraient être plus diligentes à observer la distanciation
sociale, car elles courent un plus grand risque de maladie grave si elles contractent la COVID-19.

La distanciation sociale ne signifie pas un isolement complet, mais implique plutôt:
•Travailler à domicile lorsque cela est possible
• Éviter les endroits bondés
• Éviter les rassemblements de personnes
• Éviter les déplacements inutiles
• Éviter les déplacements inutiles dans les transports publics
• Éviter les espaces comme les bars, les restaurants, le gym
• Éviter les rassemblements avec des amis et la famille
• Utilisation du téléphone ou des services en ligne pour contacter votre médecin généraliste ou d’autres services essentiels

L’exercice physique est un élément clé du contrôle de la maladie de Parkinson. Conformément aux recommandations du Gouvernement du Québec, nous vous invitons à ne pas fréquenter ces endroits publics. Vous pouvez cependant maintenir votre niveau d’activité physique chez vous en utilisant des ressources en ligne ou en appliquant les recommandations de votre professionnel de santé.

Nous savons que la pratique de l’activité physique est pour vous habituellement un moment propice pour socialiser avec votre communauté. Trouvez les coordonnées téléphoniques des participants et échanger vos astuces par téléphone ou en ligne sur les médias sociaux!

Voici une ressource en ligne :

Suivez notre page Facebook Parkinson Québec, nous vous proposons des idées au quotidien pour briser l’isolement et rester actif!

Le virus n’a pas de critères spécifiques concernant ses hôtes. Il touche même les plus grands ce monde ! Le risque d’être infecté ne dépend pas de la condition des personnes mais de la fréquence des rapports interpersonnels qu’ils entretiennent. Nous vous recommandons donc de limiter vos déplacements à l’essentiel et de voir un nombre très limité de personnes. C’est ce qui va permettre de restreindre la propagation du virus à large échelle. Cependant, les rapports sociaux sont un élément fondamental de la santé humaine. Nous recommandons donc à votre conjointe de passer plus de temps avec son amie, au téléphone.

À l’heure actuelle, il existe très peu de donnés sur l’impact de ce virus en particulier chez les personnes vivant avec la maladie de Parkinson. Par contre, nous savons que les infections respiratoires dues à des virus peuvent, chez les personnes qui vivent avec la maladie, accroître leur lenteur et leur rigidité et leur sentiment que leurs médicaments ne fonctionnent plus si bien qu’avant. Comme le coronavirus est un virus respiratoire, on peut s’attendre à ce qu’en plus des symptômes respiratoires, les personnes atteintes ressentent également cet impact sur leur maladie de Parkinson. Il est également probable que leur période de convalescence soit plus longue.

Nous apprenons tous les jours de nouvelles informations concernant la population cible du coronavirus Covid-19 et les manifestations cliniques qu’il provoque. Cependant, comme pour toutes les infections respiratoires virales, il semblerait que des populations soient particulièrement à risque. Parmi elles, on compte celles qui souffrent d’asthme, de maladies cardiaques, d’autres maladies respiratoires mais aussi toutes les personnes qui ont un système immunitaire moins fort, et particulièrement les personnes âgées. C’est dans cette dernière classe que l’on retrouve la grande majorité des personnes avec la maladie de Parkinson. Cependant, la maladie de Parkinson s’exprime de manière tellement individuelle que l’impact du virus sur deux personnes peut varier du tout au tout.

En raison de leur âge et des symptômes liés à la maladie de Parkinson, il est préférable de considérer les personnes atteintes comme plus à risque et donc, d’essayer de les protéger encore plus.

Le maintien de relations interpersonnelles est très important dans la gestion de la maladie de Parkinson. Saviez-vous que les personnes isolées sont celles dont la maladie progresse le plus rapidement? C’est pour cette raison que nous vous encourageons à maintenir vos activités sociales et familiales. Par contre, adoptez le téléphone et les nouveaux moyens de communication pour entretenir vos relations.  Les membres de votre famille et particulièrement les plus jeunes, sont les plus susceptibles d’être en contact avec une personne infectée.
D’autre part, leur système immunitaire (qui les protège) est certainement plus fort que le vôtre. Ceci pourrait expliquer qu’ils puissent être infectés mais ne pas présenter de symptômes. D’ailleurs, on a remarqué que les enfants présentent des manifestations cliniques moindres que les adultes. En dernier recours, si vous devez maintenir une activité sociale ou familiale, essayez de conserver vos distances avec les personnes (1 à 2 mètres).

Les activités physiques permettent en effet de diminuer la perception des symptômes et dans une certaine mesure de ralentir la progression de la maladie. Cependant, le rythme de progression de la maladie de Parkinson est très lent. Il est donc peu probable que votre diminution d’activité physique pendant cette période, que nous espérons tous courte, ait un impact profond sur la progression de la maladie. Par contre, vous pourriez ressentir plus les symptômes comme la rigidité et les tremblements. Nous vous invitions donc à maintenir une activité à la maison!

Cette pandémie est tout à fait exceptionnelle et beaucoup de gens comme vous s’interrogent sur son impact mondial et sa longévité. Vous ne faîtes donc pas exception. De plus, l’anxiété est un des symptômes classiques de la maladie de Parkinson, quelque soit la situation. Votre anxiété est donc normale. Nous vous conseillons d’en parler à votre professionnel de la santé.

Il existe peu de données sur ce point. Cependant, basé sur notre connaissance des autres infections respiratoires virales, on peut penser que les personnes âgées et qui présentent les symptômes parkinsoniens tels que des problèmes d’équilibre, de chutes, des difficultés à avaler ou une perte de poids sont celles qui sont le plus à risque de contracter des infections, y compris celle liées à la COVID-19.

Nous vous recommandons de prendre soin de votre santé mentale pendant cette période tumultueuse. Nous comprenons que s’engager dans une distanciation sociale peut être isolant et particulièrement difficile pour celles et ceux qui peuvent déjà avoir des problèmes d’anxiété et/ou de dépression. Il est important de rester connecté en utilisant d’autres méthodes telles que les médias sociaux, le téléphone, ou les communautés en ligne.

Si vous ressentez le besoin d’en parler, nous sommes disponibles au
➡️ 1 800 720.1307 du lundi au vendredi de 08h30 à 16h30

Le vaccin pour la grippe ne protège pas contre la COVID-19. Ce virus est complètement nouveau. Aucun laboratoire d’infectiologie ne l’a jamais étudié auparavant. Il n’existe donc, pour le moment, pas de vaccin pour se prémunir ou se soigner. Par contre, la vaccination contre la grippe augmente les chances de ne pas être atteint par cette infection respiratoire et donc, de ne pas favoriser les complications liées à la COVID-19 si jamais vous devenez infecté.

Tous les ans, la santé publique du Québec invite toutes les personnes au-dessus de 65 ans, ainsi que celles qui ont des problèmes respiratoires et cardiaques, à se faire vacciner contre la grippe et le pneumocoque. Ces populations sont en effet plus à risque de développer des complications si elles sont infectées. Ces vaccinations ne protègent pas contre le coronavirus. Par contre, à moins d’avis contraire d’un de vos professionnels de santé, nous vous recommandons, par mesure de précaution, de ne pas fréquenter les CLSC et les autres organismes du système de santé.

Les incisions qui ont permis d’implanter le système de stimulation électrique dans le cerveau de votre conjoint sont certainement cicatrisées et ne sont pas des portes d’entrées pour les infections. D’ailleurs, le coronavirus se transmet principalement par les  gouttelettes de salive que nous envoyons, involontairement, dans l’atmosphère. Le virus rentre chez ses nouveaux hôtes par la bouche, le nez et les yeux. Par contre, votre conjoint peut être plus à risque en raison de son âge et de sa condition physique.

➡️ Pour toutes questions en lien avec nos services ou nos activités, notre ligne info référence est à votre disposition.

➡️ Ligne Info référence 1 800 720.1307 (confidentielle, bilingue, gratuite)

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