Perte de l’odorat et maladie de Parkinson

Perte de l’odorat et maladie de Parkinson

Qu’est-ce que l’hyposmie ?

 

L’hyposmie est une perte partielle de l’odorat. Cette altération partielle de la capacité olfactive est caractérisée par une atteinte du seuil de détection des odeurs ainsi que de la capacité à reconnaître et à différencier les odeurs.

Cet article explore la nature de l’hyposmie, les enjeux de sa détection précoce, ses causes, comment elle est diagnostiquée et traitée, ainsi que des conseils pour mieux vivre avec une perte partielle de l’odorat.

La prévalence de l’hyposmie chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson est estimée entre 70 et 90 %. A titre de comparaison, dans la population générale, la fréquence est évaluée à 15 % et elle est reliée à des raisons diverses comme le diabète, un traumatisme cérébral ou le tabagisme.

L’hyposmie peut entraîner des effets gênants dans la vie quotidienne tels que :

  • Choix alimentaires plus difficiles, car non influencés par les odeurs
  • Perte du goût
  • Perte de l’intérêt pour l’alimentation et une perte de poids
  • Aversion pour des odeurs inoffensives soudainement perçues comme désagréables (trouble appelé dysosmie)
  • Identification difficile de dangers potentiels (toxicité, incendies…)
  • Tristesse, dépression
  • Adhérence problématique aux normes sociales d’hygiène (odeurs corporelles plus difficiles à déceler)
  • Diminution de la part olfactive dans l’attirance sexuelle

L’hyposmie comme outil de détection précoce de la maladie de Parkinson ?

 

Phase prémotrice

Dans certains cas, la perte partielle de l’odorat peut survenir jusqu’à 10 ans avant le diagnostic de la maladie de Parkinson. Ainsi, en utilisant des tests d’odeurs fiables, avant que les symptômes moteurs typiques ne deviennent évidents, on pourrait détecter précocement la maladie de Parkinson ou identifier des personnes présentant un risque plus élevé de développer cette maladie.

Le diagnostic précoce de la maladie de Parkinson est important car il peut aider les chercheurs à mieux comprendre les causes de la maladie et à mettre au point de nouveaux traitements, y compris des stratégies neuroprotectrices visant à ralentir ou à prévenir le développement de la maladie. Un test olfactif fiable pourrait donc s’avérer un outil inestimable pour contribuer au diagnostic précoce et à un traitement neuroprotecteur.

On ne comprend pas tout à fait pourquoi l’odorat est altéré chez les gens vivant avec la maladie de Parkinson. Il est possible que les premières régions nerveuses infectées par la protéine alpha-synucléine, qui est responsable de la mort des cellules nerveuses, soient celles du bulbe olfactif (la région du cerveau qui traite les odeurs) et celles des nerfs de l’intestin.

Une récente étude a montré que le bulbe olfactif était l’endroit où les amas d’alpha-synucléine apparaissent en premier avant de migrer vers d’autres parties du cerveau. Si cette théorie s’avère correcte, les chercheurs pourraient localiser ces amas de protéines et stopper leur progression vers d’autres zones du cerveau.

L’hyposmie est un symptôme caractéristique de la maladie de Parkinson. Cependant, d’autres affections peuvent également modifier le sens de l’odorat. Ces troubles comprennent notamment :

  • Infection des sinus
  • Dommages partiels des nerfs olfactifs
  • Mauvaise hygiène bucco-dentaire
  • Infection buccale
  • Dépression
  • Vieillesse
  • Hépatite virale qui peut provoquer une dysosmie qui entraîne des nausées déclenchées par des odeurs inoffensives

Ainsi, il est important de parler à votre médecin de vos observations ou inquiétudes quant à votre odorat afin qu’il puisse exclure ou traiter certaines affections traitables qui influencent votre odorat.

Comment établit-on le diagnostic de l’hyposmie ?

Une diminution de la perception du goût des aliments est un des signes d’une altération de l’odorat. En effet, la distinction de certaines saveurs est basée sur l’odorat. Aussi, une divergence de perception des odeurs et des goûts entre vous et votre entourage peut être un indice d’hyposmie.

Les personnes atteintes de la maladie de Parkinson ont souvent de la difficulté à reconnaître l’odeur des bananes, de la réglisse et des cornichons à l’aneth.

Ainsi, il est donc important d’être à l’affût de ces signes et de les communiquer à votre médecin afin qu’il puisse faire une liste de vos antécédents et exclure, s’il y a lieu des affections pouvant causer une perte de l’odorat. Certains médecins peuvent également utiliser des trousses standardisées de tests de l’odorat tandis que d’autres prescriront des examens en imagerie médicale selon votre situation spécifique.

Il n’y a aucun lien entre l’évolution de l’hyposmie et les symptômes moteurs ou cognitifs liés à la maladie de Parkinson. Ainsi, le maintien ou la sévérité de la perte olfactive d’une personne atteinte de la maladie de Parkinson ne peut permettre de prévoir l’évolution ou la durée approximative de la maladie.

Il n’existe actuellement aucun médicament pour aider à retrouver une perte de l’odorat lié à la maladie de Parkinson. On observe cependant une légère amélioration chez certains patients qui ont subi une opération de stimulation cérébrale profonde. Les chercheurs pensent que cette amélioration est probablement due à une stimulation du traitement cognitif des informations relatives à l’odorat.

L’odorat à une fonction de protection et une fonction sociale. Il permet d’être à l’affût des dangers de l’environnement et permet un fonctionnement social dans les normes acceptées. Ainsi, afin de se protéger de certains dangers et d’être en cohérence avec les normes sociales, la perte ou la réduction de l’odorat nécessite certaines précautions selon les circonstances :

  • Une sensibilisation de votre entourage quant à ce symptôme. N’hésitez pas à les solliciter pour les activités qui requièrent particulièrement le sens de l’odorat (par exemple lorsque vous vous parfumez ou cuisinez)
  • L’installation adéquate de détecteurs d’incendie et / ou de fumée dans votre maison, car vous ne pourriez peut-être pas détecter rapidement les odeurs de gaz, de fumée
  • Une vigilance accrue lorsque vous cuisinez, car certaines odeurs pourraient être plus difficiles à détecter (ex. de l’huile qui brûle)
  • L’exploration d’épices ou d’aliments nouveaux afin de diversifier vos sensations olfactives et ainsi de stimuler votre appétit
  • Consulter un nutritionniste qui pourrait vous apporter des conseils spécifiques
  • Un étiquetage adéquat de vos aliments (date de péremption, ingrédients) pour assurer votre sécurité alimentaire car vous pourriez possiblement ne pas reconnaître des produits avariés
  • Portez une attention particulière à votre hygiène. En effet, vous pourriez ne pas détecter certaines odeurs corporelles qui pourraient être source d’inconfort pour les autres.

Quelles sont les perspectives pour les personnes atteintes d’hyposmie ?

 

L’hyposmie dans la maladie de Parkinson demeure un trouble peu compris. Ce trouble peut causer, chez certaines personnes une perte de plaisir liée aux activités dans lesquelles l’odorat prend une grande place. Les odeurs de la forêt lors d’une balade, l’odeur du café matinal ou les odeurs familières peuvent manquer à la personne atteinte d’hyposmie. Chez certaines personnes cette perte d’odeur peut entraîner de la tristesse, voire de la dépression. Pour d’autres, cette perte, bien qu’incommodante, apporte l’occasion d’exploiter d’autres sens ou d’autres plaisirs.

Que vous soyez à la recherche de solutions pour votre sécurité à la maison ou à la découverte de plaisirs autres, n’hésitez pas à en parler à votre entourage de même qu’à votre équipe de professionnels.

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