Gérer le risque de la santé bucco-dentaire
Les dents c’est plus qu’un simple sourire !
Maintenir une bonne hygiène dentaire est essentiel mais peut être un défi pour certaines personnes vivant avec la maladie de Parkinson !
Plusieurs symptômes associés à la maladie peuvent contribuer à la détérioration de la santé buccodentaire :
Les symptômes moteurs affectent la dextérité nécessaire pour maintenir une routine d’hygiène efficace, tandis que la rigidité peut impacter le système oro-facial, rendant l’hygiène bucco-dentaire encore plus difficile.
La dysphagie, résultant de la dysfonction des muscles impliqués dans la déglutition, provoque des difficultés à avaler et augmente les risques d’étouffement. Ces problèmes nuisent à l’hygiène bucco-dentaire, puisque ça entraîne une difficulté à éliminer les résidus alimentaires et la salive, favorisant l’accumulation de plaque et augmentant les risques de caries, de maladies parodontales et d’infections.
Les symptômes non moteurs, tels que la dépression, l’anxiété, l’hypersalivation, les nausées, la somnolence, les altérations du goût et de l’odorat, la démence et les troubles cognitifs, affectent également l’autogestion des soins dentaires.
Certains médicaments prescrits présentent plusieurs effets secondaires, tels que la xérostomie (assèchement de la bouche), le syndrome de brûlure buccale et les nausées. De plus, les modifications de l’acidité de la salive augmentent le risque de caries et de maladies parodontales.
La plupart des symptômes de la maladie nuisent à la capacité de la personne atteinte d’assurer une hygiène bucco-dentaire efficace, que ce soit pour le brossage, l’utilisation de la soie dentaire ou l’application d’un agent antimicrobien pour le rinçage.
Les conséquences d’une hygiène bucco-dentaire inadéquate et d’un suivi irrégulier chez le dentiste sont nombreux et ne se limitent pas seulement aux dents et aux gencives.
Un manque d’hygiène bucco-dentaire augmente le risque de caries et d’infections, entraînant des traitements allant de la simple réparation d’une lésion carieuse à l’extraction dentaire.
Un manque d’hygiène peut aussi provoquer des inconforts, des changements de goût, des douleurs et des difficultés de mastication, ce qui peut exacerber la dysphagie dans certains cas.
Une hygiène bucco-dentaire déficiente, peut influencer des conditions telles que l’athérosclérose, le diabète mellitus, la maladie d’Alzheimer et l’arthrite rhumatoïde.
De plus, les difficultés de mastication liées à la perte de dents, aux douleurs et aux changements de goût entraînent un déficit nutritionnel et augmentent le risque de pneumonie associée à l’inhalation de bactéries présentes dans la salive.
Recommandations
Afin de maintenir une bonne santé globale, il est important d’augmenter l’efficacité de l’hygiène orale à la maison. Voici des recommandations qui peuvent aider à réduire l’accumulation de nourriture, de biofilm et de bactéries en bouche :
*Utilisez régulièrement la brosse à dent électrique
*Demandez à votre dentiste de vous prescrire du dentifrice en haute concentration en fluorure.
*Utilisez du Rince-bouche antimicrobien
*Utilisez des brossettes interdentaires ou le waterpik qui peuvent faciliter le nettoyage, car il est important d’aller entre les dents où, malgré le brossage mécanique, la nourriture et le biofilm s’accumulent.
*Demandez à votre équipe soignante de vous prescrire un médicament aidant à soulager la xérostomie
*Un examen et un nettoyage réguliers, accompagnés d’un traitement au fluor chez le dentiste, devraient être intégrés à la routine pour préserver la santé bucco-dentaire. La fréquence des visites peut varier de 3 à 6 mois, en fonction du niveau de risque et des habitudes d’hygiène de la personne.
Autrices
Dre Karyne Spina, BSc D.M.D. Docteure en médecine dentaire Studio Dentaire Midtown
En collaboration avec
Dora Rodriguez, M Sc. Directrice du développement de la recherche scientifique. Parkinson Québec
Alexandra Potvin-Desrochers, PhD. Chercheuse d’établissement. Centre de recherche du CISSS de l’Outaouais. Professeure associée. École interdisciplinaire de la santé. Université du Québec en Outaouais.