Kinésiophobie : Comprendre la peur du mouvement et de l’activité physique
Avez-vous peur de faire de l’activité physique par crainte d’exacerber vos symptômes ? C’est ce qui se nomme la kinésiophobie ! Et vous n’êtes pas seul à la ressentir.
Que ce soit par crainte de tomber, de ressentir de la douleur ou d’exacerber leurs symptômes, les personnes vivant avec la maladie de Parkinson peuvent avoir une peur excessive du mouvement et de l’activité physique.
Qui a de la kinésiophobie ?
Bien qu’encore peu d’études n’ait été fait sur le sujet, il semblerait que toutes les personnes vivant avec la maladie de Parkinson ont une certaine crainte du mouvement ou de l’activité physique. Plus de 75% auraient des niveaux de kinésiophobie dits modérés ou élevés, alors que ce nombre est de seulement 55% dans la population générale.
Quelles sont les causes de la kinésiophobie ?
Les causes de la kinésiophobie dans la maladie de Parkinson sont inconnues. Par contre, nous savons que les personnes qui ont le plus de kinésiophobie sont celles qui sont plus âgées et qui sont dans des stades plus avancés de la maladie. Il semble aussi y avoir un lien avec la présence de douleur et la peur de tomber.
Quelles sont les conséquences de la kinésiophobie ?
Dans la maladie de Parkinson, la kinésiophobie causerait une moins grande dépense énergétique quotidienne et aurait un impact négatif sur la qualité de vie. De plus, les personnes ayant le plus de kinésiophobie seraient celles qui font le moins d’activité physique et qui auraient un équilibre plus précaire.
Recommandations
Bien que l’activité physique améliore certains symptômes de la maladie de Parkinson, et peut même réduire la progression de cette dernière, les personnes souffrant de kinésiophobie ont moins tendance à en pratiquer. Considérant l’importance de l’activité physique pour la gestion du Parkinson, il est primordial de prendre action afin de réduire, voire éliminer, sa kinésiophobie.
Voici quelques trucs :
• En parler avec son entourage et les professionnels de la santé.
• Identifier et comprendre ce qui cause sa peur de l’activité physique.
• Commencer à faire de l’activité physique de façon graduelle (ex. 5 min la première fois et augmenter graduellement la durée et la fréquence des entraînements).
• Commencer à faire de l’activité physique avec un professionnel (ex. kinésiologue, entraîneur personnel, coach sportif).
• S’inscrire à des cours d’activité physique conçus pour les personnes vivant avec le Parkinson.
• Faire de l’activité physique avec un ami ou un proche.
• Adapter l’activité physique à ses capacités (ex. exercices en position assise ou avoir un appui si vous avez des troubles de l’équilibre).
• Faire l’activité physique lorsque la médication est pleinement efficace pour se sentir plus en forme.
• Si la kinésiophobie s’accompagne d’une anxiété plus générale, agir sur cette anxiété en consultant un psychologue et en parlant avec votre médecin ou neurologue.
Autrices
Dora Rodriguez, M Sc. Directrice du développement de la recherche scientifique. Parkinson Québec
Alexandra Potvin-Desrochers, PhD. Chercheuse d’établissement. Centre de recherche du CISSS de l’Outaouais. Professeure associée. École interdisciplinaire de la santé. Université du Québec en Outaouais.