La thérapie cellulaire : où en sommes-nous ? - Parkinson Québec
 

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La thérapie cellulaire : où en sommes-nous ?

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Le remplacement des neurones perdus dans la maladie de parkinson est une approche thérapeutique explorée depuis les années 80. Alors, à quand une thérapie disponible chez votre médecin? Dans cette rubrique, nous discuterons des tenants et aboutissants de la thérapie cellulaire pour la maladie de parkinson, en mettant l’accent sur le type de patients les plus réceptifs, sur l’état actuel des essais cliniques avec des cellules souches et sur les défis à surmonter pour que cette thérapie devienne disponible comme traitement clinique.

Thérapie cellulaire pour la maladie de parkinson

Quoi : Les problèmes moteurs associés à la maladie de parkinson sont dus à une perte du neurotransmetteur appelé dopamine dans le striatum, une région du cerveau contrôlant nos mouvements. Depuis plus de 50 ans, la thérapie de choix pour remplacer la dopamine est par la médication. Cependant, cette approche engendre des complications à long terme, comme des fluctuations motrices (dyskinésies) et d’autres effets secondaires. La thérapie cellulaire vise à remplacer les neurones perdus par de nouveaux neurones en santé capable de s’intégrer dans le circuit qui contrôle le mouvement et de relâcher la dopamine à la bonne dose et au bon moment. La relâche de dopamine se ferait donc plus naturellement, contrairement à l’apport continue en dopamine qu’offre la médication qui engendre les effets indésirables.

Comment : Il existe présentement deux façons d’obtenir des neurones dopaminergiques en santé. La première stratégie, étudiée depuis les années 1980, consiste à prélever chez des fœtus avortés la partie du tissus nerveux contenant les neurones dopaminergiques. Bien que cette approche ait été un succès dans certaines études cliniques, la difficulté à obtenir du tissu issu d’avortements et les contraintes logistiques et éthiques ne permettent pas d’envisager que cette thérapie devienne accessible comme option thérapeutique. La deuxième stratégie, plus récente, utilise des cellules souches pluripotentes humaines – les cellules qui font présentement l’objet des nouvelles études cliniques. Les cellules souches pluripotentes sont des cellules immatures que l’on peut isoler d’un embryon, ou bien les obtenir par la transformation des cellules du sang, par exemple. Ces cellules ont la capacité de se transformer en n’importe quel type de cellules du corps, incluant des neurones dopaminergiques immatures. Ce sont ces neurones immatures, dits progéniteurs dopaminergiques, qui sont produits en laboratoire et qui sont transplantés par intervention chirurgicale dans l’endroit du cerveau ayant besoin de dopamine pour produire les mouvements. Une fois implantés dans le cerveau, ces progéniteurs deviendraient progressivement des neurones matures et relâcheraient la dopamine de façon naturelle lorsque le cerveau en a besoin pour effectuer des mouvements volontaires.

Pour qui : Le profil des personnes atteintes qui pourraient avoir accès à cette thérapie, si elle devient disponible, n’est pas encore déterminé. Cependant, les analyses des études cliniques effectuées avec la transplantation de bouts de tissu de fœtus ont suggéré une sous-population d’individus plus jeunes récemment diagnostiqués, présentant une forme modérée de la maladie et ne souffrant pas de dyskinésies induites par la médication, montre une meilleure réponse à ce type de thérapie.

État des essais cliniques avec les cellules souches pluripotentes

À la suite des essais cliniques avec les tissus fœtaux qui ont globalement montrés que cette thérapie pouvait engendrer un recouvrement des fonctions motrices chez certaines personnes, les chercheurs ont travaillé depuis les 15 dernières années à générer des progéniteurs de neurones dopaminergiques à partir de cellules souches pluripotentes. Le premier essai clinique avec ces cellules a eu lieu au Japon en 2018, suivi de peu par l’étude de New York en 2019.

Dans l’étude clinique de phase I/II menée par l’université de Kyoto (Japon) et dont les résultats ont été rendus publique en 2025, 7 personnes avec un parkinson modérément avancé ont reçu la greffe de cellules, un an d’immunothérapie pour prévenir le rejet de greffe et deux doses différentes de cellules ont été testées. Aucun événement indésirable grave (hospitalisation, décès) n’a été rapporté durant les deux premières années suivant la greffe. On note aussi l’absence d’une croissance accrue des cellules transplantées, qui constitue un des risques important associés à l’utilisation de cellules souches pluripotentes pour des thérapies cellulaires. Ces résultats supportent donc que la thérapie est sécuritaire. Toutefois, la thérapie n’a montré que des effets modestes et variables pour la récupération des mouvements chez ces participants à l’étude.

L’étude de phase I de New York, menée par BlueRock Therapeutics a, quant à elle, été menée avec 12 participants avec un Parkinson modérément avancé, avec un an d’immunothérapie, et deux doses différentes de cellules ont été testées. Aucun événement indésirable grave n’a été rapporté indiquant ainsi que la thérapie a été bien tolérée. Un effet positif modeste sur les symptômes moteurs a été rapporté pour la plus forte dose de cellules, sans toutefois être accompagné d’une augmentation significative de la dopamine au cerveau ou d’une réduction de la médication associée au parkinson chez ces patients.

Donc, que pouvons-nous conclure de ces deux premières études? Tout d’abord, il semble que l’utilisation des précurseurs dopaminergiques dérivés de cellules souches pluripotentes humaines soit sécuritaire et bien tolérée, tout comme la procédure chirurgicale et la thérapie immunosuppressive. De plus, il semble qu’aucun patient greffé n’a montré une amélioration drastique de ses symptômes moteurs. Toutefois, les analyses en imagerie cérébrale n’ont pas montré une augmentation de dopamine au niveau de la greffe, suggérant qu’elle ne contienne pas suffisamment de neurones dopaminergiques pour induire un effet bénéfique sur les mouvements. Plusieurs aspects de cette thérapie restent donc à être optimisés, incluant la quantité de cellules (dose) et la procédure de transplantation qui pourrait affecter la survie des cellules greffées. De plus, il n’est pas clairement démontré que les cellules une fois dans le cerveau survivent bien, évitent le rejet de greffe, et si les progéniteurs transplantés deviennent des neurones dopaminergiques matures.

Malgré ces questions importantes en suspens, BlueRock Therapeutics a lancé une étude clinique de phase III comprenant 102 participants avec un parkinson modéré, avec un premier participant greffé en septembre 2025. Si cette étude montre une efficacité de la thérapie sur les symptômes moteurs, cela pourrait mener à l’obtention d’une approbation réglementaire par la FDA (Food and Drug Administration). En raison des résultats positifs concernant l’aspect sécuritaire et des effets positifs bien que modestes de la thérapie, l’équipe de l’étude clinique au Japon peut maintenant, quant à elle, soumettre une demande pour une approbation réglementaire conditionnelle. Ceci mènerait à un accès précoce au marché dans ce pays en vertu de la loi japonaise sur les produits pharmaceutiques et les dispositifs médicaux.

Bien que les progrès effectués dans les dernières années avec la transplantation de progéniteurs dopaminergiques dérivés de cellules souches est de bon augure, cette thérapie sera disponible seulement lorsqu’elle aura clairement fait ses preuves au niveau médical, et à un coût compatible avec les réalités du système de santé actuel. Pour y arriver, d’autres études cliniques devront être menées pour optimiser la thérapie et favoriser la survie des cellules de la greffe et la production de dopamine.

À l’heure actuelle, l’étude clinique exPDite-2, menée par BlueRock Therapeutics, recrute des participantes et participants au Canada. L’étude comprend trois sites : Montréal, Toronto et Vancouver.

À Montréal, il s’agit d’une étude de phase 3 actuellement ouverte.
Lieu : CHUM

Vous pourriez être admissible si :

  • vous avez reçu un diagnostic de maladie de Parkinson il y a 4 à 12 ans ;
  • vous avez entre 45 et 75 ans ;
  • vous suivez un traitement à base de lévodopa pour le contrôle des symptômes moteurs ;
  • vous présentez des périodes quotidiennes durant lesquelles les effets du traitement diminuent avant la dose suivante.
Personne-ressource:

Martine Comeau, infirmière coordonnatrice
Courriel : martine.comeau.chum@ssss.gouv.qc.ca
Téléphone : 514-890-8000, poste 30153

Pour en savoir plus :

https://expditestudy.com/#aboutstudy

Pour comprendre les essais cliniques

https://recherchecliniquequebec.com/essai-clinique-cest-quoi/

Auteurs :

Andrew S. Park

Étudiant au Doctorat en sciences pharmaceutiques

Faculté de pharmacie, université de Montréal

Janelle Drouin-Ouellet, PhD

Professeure agrégée

Faculté de pharmacie, université de Montréal

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