Les syndromes Parkinsoniens secondaires ou atypiques : comprendre les maladies apparentées
Bon à savoir pour agir efficacement !
Le parkinsonisme désigne un ensemble de symptômes moteurs (lenteur, raideur musculaire, tremblement et perte d’équilibre) et non moteurs (hypotension orthostatique, troubles cognitifs) similaires à ceux de la maladie de Parkinson.
Le diagnostic des syndromes parkinsoniens secondaires ou atypiques est complexe, puisque les manifestations ressemblent à celles d’autres troubles neurologiques, comme la maladie de Parkinson. En l’absence de tests permettant de les distinguer avec certitude, les neurologues s’appuient sur l’observation clinique pour les identifier, notamment en évaluant l’origine des symptômes, leur localisation, leur évolution et la présence d’autres manifestations atypiques pour le Parkinson, ou en se basant sur des tests d’imagerie.
Catégories de parkinsonisme :
D’autres conditions neurologiques partagent de nombreux symptômes avec le Parkinson et peuvent être confondues avec ce dernier. Il est important de faire la distinction entre ces différentes maladies.
Parkinsonisme secondaire, causé par des atteintes neurologiques comme les atteintes vasculaires cérébrales, l’exposition chronique à des toxines ou certains médicaments. Selon leur cause, les symptômes peuvent s’améliorer avec un traitement spécifique à la condition.
Les formes plus courantes sont :
Parkinsonisme induit par un médicament
Certains médicaments peuvent entraîner un syndrome parkinsonien réversible. Ces médicaments bloquent l’activité de la dopamine dans le cerveau et peuvent donc induire des symptômes moteurs similaires à ceux de la maladie de Parkinson.
Les médicaments qui peuvent causer ce syndrome sont généralement prescrits pour traiter :
- Les troubles psychiatriques sévères;
- Les nausées et les problèmes de mobilité intestinale;
- La migraine.
Dans la plupart des cas, l’arrêt de ces médicaments fait disparaître les symptômes en quelques jours ou quelques semaines.
Parkinsonisme induit par des toxines
Une exposition prolongée à certains métaux lourds et toxines industrielles, comme le manganèse, le mercure ou certains pesticides, peut entraîner des manifestations similaires à celles observées dans la maladie de Parkinson.
Parkinsonisme vasculaire
Le parkinsonisme vasculaire touche des personnes dont l’apport sanguin au cerveau est diminué, par exemple après un AVC. Comme l’AVC survient généralement de façon soudaine, les symptômes peuvent apparaître rapidement, bien que ce ne soit pas toujours le cas.
Les principaux symptômes sont la lenteur des mouvements et la rigidité. On parle aussi de « parkinsonisme du bas du corps », car ce trouble affecte surtout la mobilité : démarche instable, pas courts et traînants, troubles de l’équilibre.
Le parkinsonisme vasculaire peut également entraîner des problèmes urinaires, des difficultés de communication, ainsi que des troubles cognitifs (mémoire, réflexion).
Parkinsonisme atypique, également nommé syndrome parkinsonien plus, désigne un groupe de troubles neurodégénératifs partageant certains symptômes avec le Parkinson, mais qui ne répondent peu ou pas au traitement par la lévodopa, contrairement à la maladie de Parkinson.
Les formes les plus courantes sont :
Atrophie multisystémique
L’atrophie multisystémique est une affection neurodégénérative caractérisée par des symptômes tels que l’hypotension orthostatique, la difficulté à uriner, la constipation et les pertes d’équilibre.
Dégénérescence corticobasale
La dégénérescence corticobasale entraîne des troubles du mouvement, de la parole, de la mémoire et de la déglutition. Elle est causée par la perte progressive de certaines cellules cérébrales.
Démence à corps de Lewy
La démence à corps de Lewy est une affection caractérisée par un déclin cognitif progressif dont la sévérité entraîne des difficultés dans l’autonomie, les relations sociales ou professionnelles, ainsi que dans les activités quotidiennes.
Parmi les signes cardinaux associés, on retrouve :
- Des fluctuations cognitives marquées, avec des variations importantes de l’attention et de la vigilance
- Des hallucinations visuelles récurrentes, souvent bien détaillées et structurées
- Un trouble du comportement en sommeil paradoxal (la personne atteinte peut agir le contenu de ses rêves), pouvant précéder le déclin cognitif
- Des manifestations motrices similaires au Parkinson (lenteur, raideur musculaire, tremblement et pertes d’équilibre)
Maladie de Huntington
La maladie de Huntington est une affection neurologique héréditaire caractérisée par la destruction progressive des cellules dans certaines régions du cerveau. À mesure que ces cellules meurent, la maladie conduit à une perte d’autonomie et, ultimement, au décès, généralement en raison de complications associées.
Les symptômes apparaissent le plus souvent entre l’âge de 30 et 45 ans et consiste en :
- Un bouleversement émotif (dépression, manque d’initiative, irritabilité, anxiété, comportement obsessif).
- Une perte cognitive (incapacité de se concentrer, de planifier, de se rappeler des souvenirs ou de prendre des décisions, manque de perspicacité).
- Une détérioration physique (mouvements involontaires, coordination affaiblie, difficultés à marcher, à parler et à avaler).
Paralysie supranucléaire progressive (PSP)
La paralysie supranucléaire progressive est une affection neurologique complexe qui affecte les mouvements, l’équilibre, la vision, la parole et la déglutition. Parmi les symptômes non moteurs, on retrouve des changements cognitifs et de la dépression.
Elle est souvent identifiée initialement comme une maladie de Parkinson, en raison de certains symptômes communs tels que les troubles de l’équilibre, de la marche et de la coordination. Toutefois, elle présente également des caractéristiques distinctives, notamment des chutes arrière précoces et fréquentes, des anomalies des mouvements des yeux, ainsi qu’une raideur et une lenteur plus marquées.
Autres maladies apparentées
L’hydrocéphalie à pression normale
L’hydrocéphalie à pression normale est causée par une accumulation de liquide dans le cerveau. Un test d’imagerie du cerveau permet de la distinguer de la maladie de Parkinson.
Cette condition neurologique se manifeste généralement par des difficultés à marcher, des troubles cognitifs et des troubles urinaires, symptômes partagés avec la maladie de Parkinson.
Tremblement essentiel
Les tremblements sont l’unique symptôme des tremblements essentiels. Les personnes souffrant de cette condition ne sont pas affectées par tous les autres symptômes caractéristiques de la maladie de Parkinson.
Les tremblements affectent principalement les mains, mais la tête et la voix peuvent également être affectées.
Contrairement au Parkinson, les tremblements touchent les deux mains et ne s’atténuent pas lors des mouvements, tels que tenir une tasse ou écrire.
Le tremblement essentiel, 5 fois plus fréquent que la maladie de Parkinson, a une forte composante héréditaire.
Prise en charge et soutien
Au Québec, des cliniques spécialisées en troubles du mouvement offrent une expertise essentielle pour l’évaluation, le diagnostic et le suivi des différentes formes de parkinsonisme et des maladies apparentées. Ces équipes multidisciplinaires accompagnent les personnes atteintes tout au long de leur parcours, en proposant des traitements adaptés, des conseils personnalisés et un soutien continu.
Parmi ces ressources, on retrouve notamment :
- L’Unité des troubles du mouvement André-Barbeau du CHUM, reconnue pour son expertise clinique et scientifique.
Adresse : Pavillon C, 13e étage, 1000 rue Saint-Denis, Montréal (QC) H2X 0C1
Téléphone : 514 890-8123
Télécopieur : 514 412-7139
Courriel : utmab.neuro.chum@ssss.gouv.qc.ca
Pour en savoir plus :
Webinaire : Les syndromes parkinsoniens atypiques : les identifier pour mieux les gérer
Auteurs :
Dora Rodriguez, M Sc.
Directrice du développement de la recherche scientifique. Parkinson Québec
Alexandra Potvin-Desrochers, PhD
Chercheuse d’établissement
Centre de recherche du CISSS de l’Outaouais
Professeure associée
École interdisciplinaire de la santé
Université du Québec en Outaouais
Dr Nicolas Jodoin, M.D., neurologue
Centre hospitalier de l’Université de Montréal