L’odorat dans la maladie de Parkinson
Bon à savoir pour agir efficacement !
Les troubles de l’odorat (TO) touchent environ 90% des personnes ayant la maladie de Parkinson, souvent jusqu’à 10 ans avant les symptômes moteurs. Ils affectent la qualité de vie, la sécurité, et pourraient contribuer au dépistage précoce de la maladie.
À noter : une baisse de l’odorat peut avoir de nombreuses causes et n’indique pas, à elle seule, une maladie de Parkinson.
Lien avec la maladie
Dans la maladie de Parkinson, la perte d’odorat ne correspond pas simplement à un « vieillissement normal » : elle serait liée à des modifications précoces de circuits cérébraux impliqués dans le traitement des odeurs, ce qui en fait un signal d’alerte prometteur.
Quand l’odorat change, le quotidien aussi
Les TO peuvent avoir un impact sur de nombreux aspects du quotidien : plaisir alimentaire, appréciation des parfums, hygiène personnelle, interactions sociales, et détection de dangers (fumée, gaz aliments avariés). Ils peuvent prendre plusieurs formes : certaines personnes présentent une baisse partielle de l’odorat (hyposmie), d’autres une perte totale (anosmie). Il peut aussi se manifester par des distorsions (parosmie) : les odeurs sont perçues différemment, souvent de façon désagréable (par exemple, le café peut sentir le caoutchouc brûlé). Beaucoup décrivent également une « perte de goût », mais il s’agit le plus souvent d’une conséquence de la baisse de l’odorat. En effet, lorsque l’odorat diminue, les arômes des aliments sont moins bien perçus : il reste principalement les goûts de base (sucré, salé, acide, amer, umami), ce qui rend les aliments moins plaisants.
Mesurer l’odorat : des tests pour faire le point
Pour objectiver ces difficultés, il existe des tests standardisés, surtout utilisés en recherche comme le test Sniffin’Sticks qui évalue la sensibilité (seuil de détection), la discrimination (différencier des odeurs) et l’identification (nommer l’odeur) ou l’UPSIT, un livret “gratte-et-sens” comprenant 40 odeurs à identifier parmi quatre choix.
Agir au quotidien : 4 gestes utiles
Même s’il n’existe pas encore de traitement standard pour restaurer l’odorat dans la maladie de Parkinson, certaines mesures peuvent être mises en place pour limiter les impacts et améliorer le quotidien :
- Renforcer la sécurité à la maison : installer des détecteurs de fumée et de gaz, et étiqueter/dater les aliments.
- Améliorer le plaisir de manger : jouer sur les textures, la température, et les épices pour compenser partiellement la baisse olfactive.
- Essayer l’entraînement olfactif : sentir régulièrement plusieurs odeurs (souvent 2 fois par jour pendant plusieurs semaines) afin de stimuler le système olfactif.
- Participer à la recherche : plusieurs équipes de recherche, notamment au Québec, travaillent à mieux comprendre la maladie. Ces avancées reposent sur la participation de volontaires. Contribuer à une étude est une façon concrète d’agir : vous aider à faire progresser les connaissances et à développer de nouvelles approches pouvant bénéficier à toute la société.
Recommandations générales
La première étape est d’identifier le trouble, ses impacts (alimentation, sécurité) et les situations à risque. Ensuite, combiner des mesures de sécurité, des stratégies de compensation (stimulation multisensorielle pendant les repas) et, si possible, un entraînement olfactif, permet souvent d’améliorer le quotidien. Et si vous le souhaitez, la participation à la recherche est précieuse : elle aide à mieux comprendre ces troubles et à développer de nouvelles solutions. L’odorat n’est pas un détail : dans la maladie de Parkinson, il fait partie des symptômes précoces et concrets sur lesquels on peut agir.
Pour en savoir plus
- Journée de Prof avec Johannes Frasnelli de Savoir Media : Savoir média
- Webinaire « L’odorat et la maladie de Parkinson » de Parkinson Québec : Webinaires – Collection – Parkinson Québec
Auteurs
Sarah Brosse
Étudiante au Doctorat en sciences biomédicales
Département d’anatomie, Université du Québec à Trois-Rivières, QC, Canada
Johannes Frasnelli
Directeur de laboratoire de recherche en neuroanatomie chimiosensorielle
Département d’anatomie, Université du Québec à Trois-Rivières, QC, Canada