Troubles du sommeil dans la maladie de parkinson
Bon à savoir pour agir efficacement !
Les troubles du sommeil et la diminution de la vigilance sont très fréquents chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, touchant jusqu’à 80 % d’entre elles dès les premiers stades de la maladie. Ils entraînent une atteinte significative à la qualité de vie et aux activités quotidiennes, et tendent à s’aggraver à mesure que la maladie progresse.
Lien avec la maladie
Les personnes atteintes de Parkinson qui présentent des troubles du sommeil peuvent également manifester des symptômes plus graves, qui peuvent évoluer plus rapidement.
Certaines études indiquent que des troubles du sommeil spécifiques, ainsi que des modifications de la structure de base du sommeil normal, appelée architecture du sommeil, pourraient aider à identifier les personnes atteintes de Parkinson susceptibles de développer rapidement des troubles cognitifs, une démence ou des dysfonctionnements moteurs.
Les troubles du sommeil ne sont pas seulement fréquents : les personnes atteintes de la maladie de Parkinson présentent souvent plusieurs troubles simultanément.
- L’insomnie est l’un des plus répandus, touchant jusqu’à 80 % des personnes atteintes. Elle est généralement liée à des difficultés à maintenir le sommeil et à des réveils précoces, ce qui peut nuire à la qualité de vie et aggraver les symptômes de la maladie.
- Le trouble du comportement en sommeil paradoxal (TCSP) touche environ 40 à 45 % des personnes atteintes de la maladie de Parkinson et peut apparaître plusieurs années avant les premiers symptômes moteurs.
Il se manifeste par l’extériorisation des rêves, par des mouvements ou des vocalisations pendant le sommeil, phénomène souvent décrit comme le fait de « jouer ses rêves ». Étroitement lié à la progression de la maladie, ce trouble est considéré comme un indicateur précoce et pourrait aider les professionnels de la santé à identifier les personnes à risque de développer la maladie. Il est également associé à une évolution plus rapide et plus sévère de la maladie. - La somnolence diurne excessive peut affecter jusqu’à 60 % des personnes atteintes de Parkinson, et sa présence peut avoir un impact négatif sur la qualité de vie et les activités quotidiennes.
- Les troubles respiratoires liés au sommeil, comme l’apnée obstructive du sommeil, ne sont pas plus fréquents chez les personnes atteintes de Parkinson que dans la population générale. Toutefois, leur présence peut altérer considérablement la qualité de vie et entraîner une somnolence diurne.
- Le syndrome des jambes sans repos se manifeste par un besoin de bouger les jambes, généralement accompagné de sensations désagréables inconfortables dans les jambes. Il peut contribuer à l’insomnie et affecter la qualité de vie, avec une prévalence allant de 3 % à 22 % chez les personnes atteintes de Parkinson.
- La dérégulation circadienne fait référence à des altérations de l’horloge interne du corps, qui contrôle divers rythmes physiologiques, notamment les cycles éveil-sommeil. La fréquence de cette dérégulation chez les personnes atteintes de Parkinson reste incertaine, mais sa présence a été associée à des symptômes de dépression et d’hallucinations.
- Enfin, le besoin d’aller aux toilettes deux fois ou plus pendant la nuit, appelé nycturie, est l’un des symptômes non moteurs les plus fréquents de la maladie de Parkinson, touchant plus de 60 % des personnes atteintes. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un trouble primaire du sommeil, il perturbe le sommeil et la qualité de vie.
Recommandations générales
Plusieurs approches peuvent aider à atténuer les troubles du sommeil et la somnolence diurne associés à la maladie de Parkinson. Bien que les données sur leur efficacité à long terme soient encore limitées, les options de traitement comprennent :
- divers médicaments
- la thérapie cognitivo-comportementale,
- l’exercice régulier (ex. l’entraînement aérobique)
- la luminothérapie
- les appareils PPC (pression positive continue, ou CPAP en anglais) pour les troubles respiratoires du sommeil
- la stimulation cérébrale profonde.
Des protocoles de stimulation cérébrale non invasive pourraient également être utiles. Toutefois, les recherches à leur sujet sont encore limitées et ces traitements ne sont pas facilement accessibles.
Discuter de ces options avec votre équipe traitante et apprendre comment les mettre en place constitue la première étape.
Pour en savoir plus
- Épisode du balado En Quête de Dopamine : Les troubles du sommeil
- Informez-vous sur la Thérapie cognitivo-comportementale
Auteurs
Jacopo Cristini, MSc
Candidat au Ph.D. en sciences de la réadaptation
Université McGill
Alexandra Potvin-Desrochers, Ph.D.
Chercheuse d’établissement
Centre de recherche du CISSS de l’Outaouais
Professeure associée
École interdisciplinaire de la santé
Université du Québec en Outaouais
Dora Rodriguez, M Sc.
Directrice du développement de la recherche scientifique.
Parkinson Québec