Gérer le risque de chutes chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson
Les chutes récurrentes sont fréquentes chez les personnes atteintes de Parkinson, avec environ 80 % attribuables à l’instabilité posturale et au freezing de la marche.
La peur de tomber peut limiter les activités physiques, réduisant ainsi la force, l’équilibre et la participation sociale.
Des études montrent que les blessures résultant des chutes sont une cause fréquente d’hospitalisation chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Ces admissions sont associées à une durée de séjour prolongée, une diminution de la qualité de vie et à une augmentation de la mortalité.
Des symptômes moteurs tels que le freezing, la festination, l’instabilité posturale, la lenteur des mouvements, ainsi que des symptômes non moteurs comme l’hypotension orthostatique, la douleur, la fatigue, les hallucinations, la perte de mémoire, les symptômes gastro-intestinaux, les symptômes urinaires et la dyskinésie, sont associés à un risque accru de chutes entraînant une hospitalisation. Le risque de chute augmente avec la sévérité de ces symptômes.
• Pistes de prévention Il est important de communiquer à votre équipe de soins les symptômes que vous présentez et qui entraînent un risque accru de chute. En partageant ces informations, vous permettez à votre équipe de mettre en place des stratégies pour minimiser ce risque et améliorer votre sécurité.
• Activité physique et physiothérapie Des activités comme la danse ou le ping-pong, qui nécessitent des mouvements contrôlés et précis, aident à améliorer l’équilibre et la coordination. Le tai-chi aide à contrôler la posture, et la pratique du vélo stationnaire peut aider à améliorer la vitesse de la marche et la cadence.
Un physiothérapeute peut également élaborer un programme visant à traiter l’instabilité posturale, le freezing de la marche, la festination et les problèmes de posture.
• Surveillance médicale Votre équipe soignante peut vous prescrire des médicaments pour contrôler l’hypotension orthostatique et vous conseiller le port de bas de compression, ainsi qu’une consommation accrue de liquides et d’électrolytes.
• Ajustement de la dose de vos médicaments La dyskinésie, un effet secondaire de la Lévodopa, peuvent être atténuées en ajustant la dose.
• Adapter votre milieu de vie Assurez-vous de rendre votre espace sécuritaire. Privilégiez les espaces ouverts avec un sol plat et uniforme. Retirez les tapis et les obstacles. Les zones encombrées et les portes étroites peuvent déclencher le freezing. Rangez les câbles électriques et ajoutez des veilleuses pour faciliter vos déplacements, surtout la nuit.
Installez des barres d’appui dans les zones à risque, comme la salle de bain et ajoutez des tapis antidérapants ainsi qu’une chaise de douche. Choisissez des chaussures adaptées : semelles en caoutchouc ou en cuir, bien ajustées, avec un léger talon, mais sans talons hauts. Portez un dispositif d’alerte.
• Dispositifs d’aide à la marche Les déambulateurs et les fauteuils roulants peuvent aider à réduire l’instabilité lors de vos déplacements. Votre équipe soignante peut vous aider à choisir le dispositif le mieux adapté à vos besoins.
Autrices
Dora Rodriguez, M Sc. Directrice du développement de la recherche scientifique. Parkinson Québec
Alexandra Potvin-Desrochers, PhD. Chercheuse d’établissement. Centre de recherche du CISSS de l’Outaouais. Professeure associée. École interdisciplinaire de la santé. Université du Québec en Outaouais.